L'Oncle Sambuq, par Paul Arène, page 5 (of 8)

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De huit jours il ne parla pas, rôdant d'un bout du pont à l'autre, et s'accoudant parfois au bordage pour s'étonner, par comparaison, de l'énorme hauteur des vagues.


La parole ne lui revint, avec la conscience de ce qu'il allait chercher à New-York, que vers la fin de la traversée.


Alors, il s'inquiéta sérieusement et voulut conter son affaire—l'héritage de l'oncle Sambuq—au sous-commissaire, un compatriote qui lui inspirait confiance. Mais celui-ci, pressé comme l'est toujours un sous-commissaire la veille des débarquements, se débarrassa du bonhomme en lui conseillant de s'adresser à deux grands escogriffes roux, d'aspect américain, qui se promenaient toujours seuls.


—Ces messieurs vous renseigneront mieux que moi, ils connaissent New-York comme leur poche.


Ravi de connaître des gens qui connaissaient si bien New-York, Patron Tréfume s'attache dès lors à leurs pas, les poursuivant partout: à l'arrière, sur le promenoir, dans l'étroit couloir des cabines, et cherchant un moyen de lier conversation avec eux.


Ceux-ci n'avaient pas l'air de se prêter à ses avances. Et chaque fois que Patron Tréfume s'approchait, chapeau à la main: —Bien le bonjour, pardon, excuse! Ce serait pour savoir si par hasard...


Ils lui tournaient le dos vivement, avec un gloussement irrité et vague qui avait l'air d'être de l'anglais.


—Pour ne pas être avenants, ils ne sont pas avenants! soupirait Tréfume.


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